lcld projects

Evaluation des mécanismes de la lecture et de l'orthographe en langue arabe

1. Contexte

La maîtrise de la lecture conditionne l’accès à tous les domaines du savoir et détermine en grande partie l’avenir professionnel et social de l’individu. Les recherches sur son acquisition sont fondées en grande partie sur les langues alphabétiques, spécifiquement l’anglais. Beaucoup moins de travaux ont ciblé la langue arabe, langue alphabétique sémitique. Les mécanismes de base de lecture et d’orthographe en langue arabe sont donc jusqu’à nos jours peu explorés. De ce fait, nous notons l’absence d’un modèle théorique expliquant les processus cognitifs impliqués dans la lecture en arabe, et par la suite un manque d’outils d’évaluation de la lecture et de l’orthographe normalisés, obstacle à un diagnostic fiable de la dyslexie.

evaluation-des-mecanismes-de-la-lecture-et-de-lorthographe-en-langue-arabe

Dans le cadre de l’enseignement scolaire, la compréhension de ces processus cognitifs favorisera l’établissement de méthodes efficaces d’enseignement de la lecture car spécifiques à la langue arabe. Ainsi, dans les langues alphabétiques, les recherches scientifiques ont démontré l’intérêt optimal de l’enseignement phonique pour les sujets dyslexiques mais aussi pour les enfants normo-lecteurs. Cependant des études sur le chinois proposent d’intégrer une instruction morphologique dans son enseignement (Cheng-Lai, Forum Mondial sur la Dyslexie, UNESCO, Paris, 2010)

Les études effectuées sur la lecture en arabe s’accordent sur le fait qu’elle dépend des spécificités linguistiques et orthographiques de cette langue (Taha, 2013).

Différents chercheurs ont comparé les performances phonologiques, morphologiques et orthographiques chez des lecteurs arabophones, enfants et adultes, faibles lecteurs, bons lecteurs et dyslexiques. (Layes, Lalonde, Mecheri et Rebai, 2015, Sayegh-Haddad et Malatesha Joshi, 2014, Boukadida, 2008) Les résultats apportent des explications concernant la compréhension des mécanismes sous-tendant la lecture en arabe mais plusieurs questions restent à préciser et à confirmer dans le contexte libanais.

L’objectif de notre étude longitudinale est de caractériser la nature des processus cognitifs de lecture et d’orthographe en langue arabe et de développer une batterie de tests permettant un diagnostic fiable et spécifique de la dyslexie en arabe. Pour ce faire, nous analyserons les stratégies d’identification des mots en observant spécifiquement le rôle de la racine et du schème ainsi que l’effet de lexicalité et l’accès au sens chez des apprentis lecteurs libanais. Nous évaluerons également les habiletés indispensables à la lecture (phonologiques, morphologiques et lexicales).

 

2. Méthode

– Echantillon

L’étude porte sur 240 enfants libanais bilingues (arabe/français) de 2ème, 3ème et 4ème années primaires, scolarisés dans des écoles privées de Beyrouth. Les enfants sélectionnés ne présentent aucun trouble pouvant affecter leurs capacités d’apprentissage. Ils parlent tous l’arabe et suivent les cours d’arabe réguliers selon le programme imposé par le CRDP au Liban (Centre de Recherche et de Développement Pédagogique).

 

– Outils et procédure

Notre étude est longitudinale et transversale. 120 enfants en 2ème et 3ème années sont évalués cette année en décembre 2015 et janvier 2016. Ils seront réévalués l’année prochaine.

 

Un test de raisonnement non verbal précède l’évaluation proprement dite (Raven Progressive Matrices). Un questionnaire effectué auprès des parents nous renseigne sur les habitudes langagières au sein des familles (langue maternelle, langue privilégiée). La passation est effectuée sur 3 séances de 25 à 30 minutes chacune.

Nous avons créé différentes épreuves administrées en individuel en essayant de tenir compte des variables pertinentes en lien avec l’acquisition et le développement du langage écrit :

  • Le niveau de vocabulaire
  • L’implication de la phonologie (par ex., épreuves de conscience phonologique)
  • L’implication de la morphologique (par ex., épreuve de dérivation morphologique)
  • La dénomination rapide
  • La mémoire auditive à court terme et de travail
  • L’accès à la phonologie par assemblage et par adressage
  • L’accès à la signification

 

– Pré-test

Une passation de nos épreuves auprès d’un groupe d’enfants en fin de première et de deuxième année nous a permis de réajuster certaines épreuves au niveau du nombre d’items et de la durée de passation

 

 

3) Echéancier

echeancierCarole

 

4) Références

Pour des références pertinentes, voir ci-contre 1 2 3 4 5 6 7

 

Downloads