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La lecture interactive : une lutte contre les inégalités langagières entre les enfants !

Le 17/10/2018, Nathalie Thomas a été interviewée par Anne Sandront du journal l’Avenir sur l’utilisation de la lecture interactive comme outil de prévention des différences langagières entre les enfants.

 

Des enfants avec des habiletés langagières différentes

Seulement 25 % des enfants francophones en Belgique sont de bons lecteurs (enquêtes PISA). Le problème survient avant l’école primaire, car des pré-requis sont nécessaires pour apprendre à lire : l’identification des lettres, la connaissance des conventions (ponctuation etc.), le vocabulaire et la compréhension. Ces compétences sont acquises naturellement quand l’enfant est régulièrement exposé à l’écrit à la maison et à l’école. Mais dans une enquête de 2015, 21 % des familles déclaraient n’avoir aucun livre à la maison.
Selon Nathalie, il faut agir dès la maternelle car la probabilité qu’un élève faible en lecture en 1ère année du primaire demeure en difficulté en 4ème année est de 88 %. Un enfant à qui on fait la lecture tous les jours pendant dix minutes aura accumulé près de 300 heures de lecture en fin de maternelle. Si un enfant n’a pas eu ces 10 minutes de lecture, c’est autant d’heures perdues d’exposition à la langue. Une solution proposée par Nathalie et appuyée par ses recherches repose sur la pratique de la lecture interactive.

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C’est quoi la lecture interactive ?

La lecture interactive consiste à reprendre le même livre au minimum trois fois au cours d’une semaine. Lors de la première lecture de l’histoire, l’adulte commente l’histoire, donnant des explications soit verbales, soit au moyen des illustrations. Lors de la deuxième lecture, l’adulte prévient qu’il va faire des erreurs et demande aux enfants de les repérer. Il teste la bonne compréhension des concepts expliqués le premier jour. Et lors de la troisième lecture, il questionne certains enfants pour vérifier.

Ce type de lecture est proche de ce que font instinctivement la plupart des parents, en lisant encore et encore le livre préféré de l’enfant… Mais Nathalie Thomas a testé cette méthode en 3e maternelle, dans des écoles d’enseignement différencié du centre ville de Bruxelles, au milieu socio-économique défavorisé (indice inférieur à 5).

 

La lecture interactive à l’école ? C’est possible !

C’était intéressant de tester l’impact de la lecture interactive en Belgique, dans des classes, parce que les conditions ne sont pas aussi optimales que celles des études réalisées en Amérique du Nord sur lesquelles on se base généralement : classes d’une vingtaine d’élèves, enfants d’un milieu socio-économique faible, institutrices formées très rapidement à la lecture inte- ractive (deux à trois heures seulement). Les résultats se sont révélés très positifs ! Il y a eu des améliorations au niveau du langage sur quasiment tous les domaines testés : le niveau de vocabulaire, la capacité à construire des phrases (morphosyntaxe), les habiletés à manipuler les sons et les syllables (conscience phonologique), la connaissance des lettres, la connaissance des conventions de l’écrit (savoir qu’on lit quand il y a du texte, que les guillemets signifient que quelqu’un parle,…). Toutes ces habiletés sont très importantes pour bien rentrer ensuite dans la phase de l’apprentissage de la lecture.

 

Apprendre aux parents à utiliser la lecture interactive

En plus de ces travaux de recherche dans les écoles, Nathalie Thomas a également organisé l’an dernier des ateliers avec les parents, les initiant à la pratique de ce type de lecture. Cela a mené à de très bons résultats, et elle a pu observer une augmentation significative de l’interaction entre l’adulte et l’enfant.

 

Vous voulez en savoir plus ?

Si vous voulez en savoir plus ou apprendre à mettre en place la lecture interactive en classe ou à la maison, n’hésitez pas à consulter la brochure, accessible au format pdf via le lien ci-dessous.